La santé de la mère et de l'enfant

Je revois encore mon professeur de l’Histoire du monde qui associait la Paix et le potentiel de développement d’un pays à l’image du sourire de la mère et de son enfant.

Voilà un pays béni, disait-il…

De fait, dans toute l’histoire de l’humanité, l’image de la femme qui porte l’enfant, protégée par le mari ou le père de l’enfant, exprime l’assurance de la survie de notre espèce humaine.

Dans ma petite enfance, je me rappelle comme si c’était hier, que ma mère veillait sur ce que je portais à la bouche. Elle préparait des « Bento » (déjeuner dans une boîte que j’apportais à l’école) et m’interdisait strictement d’acheter des goûters dans un magasin. Malgré toutes ses précautions, j’ai quand même attrapé une colite aiguë avec une forte poussée de fièvre… m’obligeant à être alitée toute une semaine. Elle était restée à côté de moi. Je devais avoir 5 ans.

Chaque fois que je pense à ces moments, de pure protection maternelle, les larmes me montent aux yeux, de gratitude. Je suis convaincue que l’enfance aimée permet le développement de soi et constitue la première clé pour devenir un être épanoui et responsable.

Aujourd’hui encore, en ce début du 21ème siècle, sur notre globe, nous trouvons encore des pays où les visages sont malheureux, portant les stigmates de la malnutrition ou des maladies infectieuses ou encore des souffrances physiques et psychologiques liées à toute forme de violence.

Dans le monde, toutes les 7 minutes, un enfant meurt en raison du manque d’eau potable.

Dans ces pays de conflits… qui se propagent du Proche Orient à l’Afrique centrale, le sourire de la mère et le rire de l’enfant sont trop rares.

La subvention mondiale de notre Fondation Rotary nous aide à créer des maternités, dispensaires, orphelinats, écoles, centres de formation à l’hygiène et à la planification familiale, et à former le personnel qualifié. Ainsi les Rotariens améliorent les conditions de santé et d’hygiène de la mère et de l’enfant dans ces pays.

Nous pouvons évoquer notre action phare qui date de 1985, l’éradication de Polio, « PolioPlus ». Depuis, 2,5 milliards d’enfant sont vaccinés. Aujourd’hui nous pouvons nous enorgueillir de compter moins de 10 cas déclarés depuis le début d’année dans le monde.

Il nous reste 3 pays contaminés : l’Afghanistan, le Pakistan et le Nigéria, en raison de conflits persistants, rendant aventureux l’accès aux habitants. Souvenons-nous qu’en 2015, une dizaine de personnes travaillant dans un centre de vaccination ont péri lors d’un attentat terroriste au Pakistan.

Dans un autre domaine, il faut encore se rappeler que le Rotary International a instauré les bourses d’étude pour la paix et nous avons dans le monde 7 centres universitaires qui forment les jeunes à la résolution de conflits. Ces jeunes diplômés travaillent dans des institutions telles que UNICEF, UNESCO, l’OMS…

Si, dans nos pays, nous n’avons probablement plus de soucis pour les obstacles à la santé physique de la mère et l’enfant, nous trouvons néanmoins des adolescents en détresse, souffrant de la faiblesse identitaire et du manque de qualification professionnelle. Ceci me fait penser à l’enfance difficile sans amour, sans accompagnement et encouragement à l’apprentissage. Et je pense à la maternité solitaire sans soutien familial.

Il faut garder à l’esprit que lorsque nous évoquons la santé, ce n’est pas uniquement la santé physique, qui est à prendre en compte, mais encore la santé mentale liée à l’équilibre psychologique.

Ces enfants, branchés en permanence sur leurs ordinateurs et les jeux électroniques, perdent la notion du monde réel, sans maîtrise sur les limites de leurs actes. Ils se trouvent ainsi isolés et coupés du lien avec le reste du monde. La baisse du nombre d’enfants par foyer, et les enfants trop protégés perdent la notion de l’existence même de l’autre, la notion de l’altérité.

Ces femmes, qui élèvent leurs enfants seules, ces femmes qui sacrifient leur désir d’enfants au profit de leur carrière, se trouvent dans un état d’instabilité préjudiciable à leurs enfants. Comment donner envie aux femmes d’avoir des enfants tout en menant leur carrière, les élever et assumer ainsi leur responsabilité d’assurer le renouvellement de l’humanité ?

Ceci est un autre problème, une question sociétale à laquelle je n’ai pas de réponse dans ce propos.

Ce que je retiens, c’est que les notions de « paix » et « amour », vont de pair pour assurer la santé de la mère et de l’enfant.