VIVRE EN PAIX : ESPERANCE DESUETE OU HERITAGE A TRANSMETTRE ? par Pierre Le Coz

Présentation Pierre Le Coz et idées pour la conférence

Agrégé en philosophie et docteur en sciences de la vie et de la santé, Pierre Le Coz est professeur des universités en philosophie. Il exerce à la faculté de médecine de Marseille où il dirige le département des sciences humaines. Les autorités de l’université lui ont confié la responsabilité de stimuler la réflexion et l’esprit critique des futurs médecins en leur transmettant les valeurs de l’humanisme. Du début à la fin de la vie, les praticiens doivent résoudre des dilemmes moraux. Il est essentiel que les étudiants puissent anticiper les décisions difficiles en abordant les cas de conscience qu’ils sont amenés à rencontrer dans l’exercice de leur art. Dès la première année, il importe qu’ils réfléchissent sur les valeurs de l’éthique et le sens de leur vocation au service de l’humaine condition.

Parallèlement à ses activités d’enseignant, Pierre Le Coz a mené des travaux en commun, au sein du Comité consultatif national d'éthique dont il a été vice-président de 2008 à 2012. Les nouvelles techniques font naitre de nouveaux pouvoirs, qui conduisent à se poser la question des limites : faut-il réaliser tout ce qui est possible ? Le progrès technique est-il toujours un progrès éthique ?

Depuis 2011, Pierre Le Coz s’interroge aussi sur la déontologie, sur les devoirs d’impartialité, d’intégrité, et d’indépendance qui incombent aux experts et aux chercheurs. Il préside actuellement le comité de déontologie et de prévention des conflits d'intérêts de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES). Perturbateurs endocriniens, pesticides, champs électromagnétiques, qualité de l’air, de l’alimentation : dans tous ces domaines sensibles, nous avons besoin de réfléchir sur les conditions d’une expertise scientifique indépendante, libre de toute influence.

En lien avec son questionnement éthique, Pierre Le Coz a publié plusieurs ouvrages, sur l’accompagnement à la mort, sur la décision médicale, ou encore la manipulation médiatique des émotions. Les émotions nous rendent sensibles aux valeurs mais elles peuvent être exploitées à des fins lucratives ou d’endoctrinement idéologique. Le fil conducteur de sa pensée, c’est une réflexion philosophique sur la condition humaine, sur son essence, sa grandeur et sa misère. Quel est le propre de l’homme ? Qu’est-ce qui fait sa spécificité au regard des animaux ? L’homme est-il bon ou mauvais par nature ? Qu’est-ce qui en lui relève de la culture et de la nature, de l’acquis et de l’inné ? Est-il capable d’agir de façon désintéressée ou faut-il la crainte du châtiment pour le pousser à agir moralement ? L’actualité nous a montré l’homme sous un jour inquiétant, voire terrifiant.  Elle nous a rappelé qu’en l’être humain réside la tentation du pire. Doit-on redouter un retour à la barbarie ou peut-on espérer que les acquis de la civilisation empêcheront les hommes de s’entre-déchirer ? La paix est-elle devenue fragile ? La déraison est-elle plus forte que la raison ?  Quel message pouvons-nous transmettre aux nouvelles générations ? La paix est-elle un héritage à transmettre ou une espérance désuète ?

Telles sont les questions qui sont à la base de la conférence et qui vont alimenter nos débats.