Edito de Jean Jacques Titon, Gouverneur 2019-2020

Mes chers amis, 

En tout premier lieu, laissez-moi vous renouveler ici tous mes vœux pour cette année qui commence ! Le temps rythme la marche de nos vies, qu’elles soient personnelles, professionnelles … ou rotariennes ; ce dernier aspect m’amène à réaliser que six mois se sont écoulés depuis le début de mon gouvernorat et tant de choses se sont passées tout au long de cette période … S’il est une dominante que Valérie et moi retiendrons de ce premier semestre, c’est bien aux visites que nous avons déjà réalisées que je fais ici allusion ; que de moments privilégiés au cours desquels il nous a été donné de mieux comprendre, à votre contact et grâce à nos échanges, la réalité de notre Mouvement dans ses forces, nombreuses, mais aussi parfois dans les interrogations que nous pouvons tous avoir quant à notre statut de rotarien, quant à nos groupes, notre district et, plus généralement, notre Rotary !

Une chose est absolument certaine : notre institution vit, parfois peut-être de manière légèrement « chaotique »,

mais toujours avec la volonté de porter avec conviction le sens et les valeurs de cette magnifique structure dont nous sommes tout à la fois et par besoin de cohérence, les garants et les acteurs !

Nous abordons, en ce mois de janvier et conformément au calendrier rotarien, le thème de la formation professionnelle ; ledit thème revêt une signification toute particulière pour Valérie et moi puisque, comme vous le savez sans doute, notre métier nous conduit à intervenir, entre autres, dans ce domaine. 

Mais que l’on se rassure ! Mon propos ne se veut ni didactique, ni technique … Je souhaite simplement insister sur notre formation rotarienne pour laquelle nous avons consacré beaucoup de notre implication au sein de notre organisation.

« Former » consiste à mettre en œuvre un processus d’apprentissage permettant d’acquérir le savoir (la connaissance), le savoir-faire (les fruits de l’expérience) et le savoir-être (les comportements, les postures) aux fins de remplir avec le maximum d’efficacité, voire d’efficience, les missions qui nous sont confiées. Cette définition, au demeurant très « classique », n’induit aucune différence quant aux domaines dans lesquels s’applique le processus de formation ; ainsi, le monde associatif qui est le nôtre n’est en rien hors de cette cible.   

Cependant, la vraie question qui se pose lorsque l’on parle de formation associative, c’est-à-dire non contrainte, relève de la volonté de chacun à entrer dans la démarche ; autrement formulé, quel intérêt y-a-t-il, pour les rotariens, à consacrer temps et énergie à emmagasiner un nombre conséquent d’informations dont la praticité ne se vit pas au jour le jour dans nos clubs ?  A quoi cela peut-il bien servir de connaitre les rouages, les arcanes, l’histoire, la dimension du Rotary International si le but de notre appartenance est de retrouver hebdomadairement quelques ami(e)s autour d’un verre pour discuter de choses et d’autres, pour organiser, comme cela se fait depuis des années, telle opération de collecte de fond qui rappelle et justifie le « SERVIR » de notre engagement ? Dans ce contexte, qu’est-ce qui pourrait nous pousser à « apprendre » ou à renforcer notre bagage rotarien ? Celui dont nous disposons serait largement suffisant en regard de notre conception de la réalité du Mouvement.  

Ces lignes, vous l’aurez compris, ne concernent aucun des clubs du District 1730 … mais, ce faisant, je voudrais insister sur deux points qui peuvent permettre de progresser quant à la thématique du mois : 

1.     La formation des adultes, de surcroit dans un contexte associatif, obéit à deux principes fondamentaux :

  • L’intérêt pour le sujet traité ; cet intérêt peut recouvrir des formes diverses telles l’accroissement de la valeur ajoutée individuelle et son corrélatif d’évolution du positionnement social, l’enrichissement de la connaissance dans des domaines philosophiques, culturels, artistiques …, la prise de conscience d’une appartenance dite « privilégiée » (celle d’être membre d’un mouvement international par exemple) ;
  • La valorisation des acquis au sein et par le groupe auquel on appartient : cette valorisation est associée au principe de signe de reconnaissance qui fait que l’individu perçoit concrètement son utilité au sein de son club par la mise en œuvre active (et immédiate) des apports nouvellement intégrés.

2.     La formation rotarienne se doit, selon moi, d’obéir aux mêmes dispositions que celles qui viennent d’être évoquées à savoir :

  • L’intérêt pour le sujet dépend de l’activité du club : parler du Rotary, dire ce qui s’y fait mais surtout ce que l’on peut y faire, initier des opérations qui impliquent des interactions avec les clubs du district, de la zone, de l’ensemble du Rotary International, donner du sens aux fonctions qui existent dans le club, amener chacun à comprendre l’articulation entre ces fonctions,… autant de facteurs qui montrent tout l’intérêt d’une bonne connaissance de nos structures et de leurs déclinaisons humaines, administratives et logistiques ; 
  • La valorisation des acquis revêt à son tour deux dimensions : 
    • La première, peut-être la plus souvent oubliée …, consiste à demander à celles et/ou ceux qui se sont formé(e)s de partager les sujets, informations et échanges avec le reste du groupe ; à titre d’exemple, après un séminaire, une assemblée, une Université …, il est indispensable que les participants puissent passer un certain nombre des messages reçus aux membres du club qui n’ont pu être présents ; outre le phénomène d’irrigation que cette démarche induit, il y a là une mise en avant significative (une reconnaissance) des personnes impliquées ;
    • La seconde amène les rotariens formés à devenir acteurs, grâce à ce qu’ils ont « appris », des implications de ces apprentissages ; ainsi et par exemple, un chef du protocole ayant une meilleure connaissance de son rôle, peut-il faire valoir, dans l’intérêt du groupe, une plus grande latitude de la fonction ; de la même  manière, le responsable développement du club (« effectif ») pourra-t-il fournir à l’ensemble des amis rotariens des outils, des méthodes des postures tels qu’il les a acquis et partagés au cours du séminaire dédié.                  

J’arrête ici ces trop longues lignes non sans vous avoir rappeler que la formation rotarienne n’est ni une obligation, ni une « punition » (« il faut bien y passer » !!!) ni un instrument de pouvoir (« je sais, tu ne sais pas ! »), ni une fin en soi ; il s’agit plus simplement d’un outil au service de chacun et de tous, outil qui, s’il est compris (et je sais qu’il l’est chez nombre d’entre nous), permet de mieux vivre et agir dans et pour notre Rotary. 

Avec toute mon amitié.

Jean-Jacques TITON