Thème du mois : Alphabétisation et éducation de base

"Une fois que l'on a appris à lire, on est libre pour toujours"

Le 8 septembre est la Journée internationale de l'alphabétisation.

Le ROTARY INTERNATIONAL et la FONDATION ROTARY sont particulièrement sensibles à cette question prioritaire de l’alphabétisation, devenue l’un des buts de notre mouvement.

Rappel du principe de base.

Comme l'a indiqué le Gouverneur dans son édito, l’alphabétisation est un droit fondamental de la personne humaine. C’est l’acquisition des connaissances et des compétences de base en lecture et en écriture, dont chacun a besoin pour communiquer dans notre monde en constante évolution.
La Déclaration Universelle des droits de l’homme l’a intégré dans son article 26 en stipulant que : « Toute personne a droit à l’éducation ».
L’éducation doit être obligatoire et gratuite, au moins pour ce qui est de l’enseignement élémentaire et fondamental.
L’éducation vise au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

L’idée de créer une journée internationale sur le thème de l’alphabétisation remonte à l’année 1965, lors du Congrès mondial des ministres de l’Education qui s’était tenu à Téhéran.

Cette idée fut développée lors de la 14esession de la Conférence générale de l’UNESCO, le 26 octobre 1966 et la première célébration de cette journée internationale a pris date le 8 septembre 1967.

"Une fois que l'on a appris à lire, on est libre pour toujours", écrivait au XIXe siècle l'esclave noir américain Frederick Douglass, l'un des hérauts de la cause abolitionniste.

Forte de ce principe qu’elle fait sien, l’UNESCO donne à l’alphabétisation son caractère prioritaire depuis maintenant 52 ans.

Les actions entreprises par l’UNESCO et l’Anlci

Citons les chiffres parlants de l’UNESCO, qui mesure les progrès constants, d’année en année, avec le constat de fortes inégalités : l’Afrique subsaharienne et l'Asie du sud et de l'ouest sont les plus durement touchées et dans deux tiers des cas, les femmes sont concernées.

En 1994, on dénombrait 871 millions de personnes ne sachant ni lire ni écrire. Ce chiffre est aujourd’hui ramené à 750 millions et l’on peut dire que 86% des adultes savent lire et écrire dans le monde.

Grâce aux actions nationales et internationales lancées par l’UNESCO, les progrès sont visibles en toutes zones (Afrique du nord, Asie de l’ouest, Asie du sud-est, Afrique subsaharienne, Amérique latine, Caraïbes) et l’on constate une forte diminution corrélative du nombre de personnes vivant en dessous d’un certain seuil de pauvreté.

Depuis 1966 le concept d’alphabétisation fonctionnelle domine, conçu comme moyen d’insertion sociale et professionnelle. 

Dans ses objectifs de développement durable pour 2030, l’UNESCO a inscrit le droit à l’éducation pour "faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons suivent, sur un pied d’égalité, un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de qualité, qui débouche sur un apprentissage véritablement utile."

La lutte contre les inégalités

Il apparaît cependant que les progrès de l’alphabétisation sont inégaux selon que l’on est un homme ou une femme… Sur les 750 millions de personnes analphabètes dans le monde, on dénombre 63 % de femmes mais la situation s’améliore avec la scolarisation des jeunes. Désormais on dénombre 91 % de jeunes femmes alphabétisées.

Les inégalités sont géographiques, sachant que l’Asie du sud et l’Afrique subsaharienne sont les plus touchées par le manque d’éducation.

Les régions les moins touchées par l’analphabétisme sont les régions les plus riches : Amérique du nord, Europe, Asie centrale et Océanie, qui ne comptent plus que 2% d’analphabètes.

Les plus touchées sont, il faut le citer : l’Afghanistan, le Bénin, le Burkina Faso, la Centrafrique, le Tchad, les Comores, la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, la Gambie, la Guinée Bissau, Haïti, l’Irak, le Liberia, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, la Sierra Leone et le Sud Soudan, ce qui fait beaucoup de monde, souffrant également de conditions sanitaires souvent déplorables.

La situation en France

Ne croyez pas que nous sommes sortis de ce problème par la scolarisation obligatoire car si nous avons de moins en moins d’analphabètes, nous comptons un grand nombre d’illettrés.

Pour mémoire, l’illettré est l’adulte qui a été scolarisé mais n’a pas la maîtrise suffisante de la lecture, de l’écriture et du calcul pour être autonome au quotidien,

Tandis que l’analphabète est l’adulte qui n’a jamais été scolarisé et qui doit tout apprendre.

L’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (Anlci) donne le chiffre de 7% de la population adulte âgée de 18 à 65 ans, ayant été scolarisée en France comme étant en situation d’illettrisme, soit 2,5 millions de personnes en métropole (contre 3,1 millions en 2006).

La moitié de ces personnes a plus de 45 ans et plus de la moitié exerce une activité professionnelle.

71 % de ces personnes parlent uniquement le français en famille (ce qui exclut les phénomènes migratoires).

Ces personnes vivent dans les zones rurales ou faiblement peuplées et 10 % dans les Zones urbaines sensibles, les ZUS.

Des actions :

Journée nationale d’action contre l’illettrisme

 L’Anlci organise sur tout le territoire des journées nationales d’action contre l’illettrisme et cette année, la date est du 8 au 15 septembre.

Des rencontres régionales de mobilisation se tiennent partout en France pour « AGIR ENSEMBLE CONTRE L’ILLETTRISME ».

Pour sa 6èmeédition, l’Anlci permet aux acteurs de se faire labelliser pour participer à la mobilisation sur www.illettrisme-journees.fr #JNAI2019 

Cette opération permet de faire connaître ce problème rencontré par de nombreux Français qui peuvent ainsi progresser dans leur formation.

La lutte contre l’illettrisme a été déclarée grande cause nationale en 2013 par notre Gouvernement et bénéficie de la diffusion gratuite de messages sur les radios et chaînes de télévision, avec un numéro gratuit : « illettrisme info service : 0800 11 10 35 ».

Une nouvelle certification professionnelle est lancée (CléA) sur la maîtrise des compétences de base.

Il s’agit d’un outil au service de la formation, de l’emploi, de l’évolution professionnelle et de la compétitivité.

L’illettrisme numérique

A l’heure du tout numérique (pensons à nos déclarations fiscales), l’Anlci s’attache à l’accès à l’informatique, l’illettrisme numérique, qui concerne 15% de la population. On peut même dire qu’environ 25% des français ne sont pas à l’aise avec le numérique (étude menée par la Délégation aux usages d’Internet).

En conclusion, une anecdote rotarienne

 

Que la lumière soit… et l’alphabétisation fut

Le RC de LEOGANE (Haïti) a approvisionné en électricité l’école catholique Respire Haïti qui dispense l’éducation  pour les enfants et les adultes.

L’école dessert 500 orphelins, enfants défavorisés et « restavecs » (enfants employés comme domestiques).

Pendant longtemps, les 6 immeubles n’avaient pas l’électricité, forçant les enseignants à se limiter à proposer des cours dans la journée. Ils ne pouvaient pas enseigner aux adultes en proposant des cours du soir.

Le RC de Léogane en partenariat avec le RC de Parker (USA) a monté une subvention mondiale permettant d’installer un système hybride d’approvisionnement en énergie composé de panneaux solaires. Ainsi, les lumières, les ordinateurs et la pompe à eau ont pu fonctionner.

Les enseignants ont eux-mêmes pu bénéficier d’une formation en alphabétisation des adultes.

Bravo le ROTARY !

Article de :
Chantal Pasqualini
RC Nice Riviera Côte d'Azur
PDG 2008-2009