Ces néophytes, notre Noël.

Quand le jour se lève, naît la lumière qui crée l’ombre qui nous nous montre que plus le soleil est à son zénith, plus notre place dans ce monde est réduite. Quand naît un enfant, une nouvelle plante (neos phytos en grec, néophyteen français) notre place dans la société est grande, elle emplit tout. Plus glissent le heures sur notre vie, plus notre positionnement se réduit jusqu’au néant. Les jeunes sont le soleil toujours renouvelé qui éclaire la société et disent que le monde change en permanence, que chaque génération passe de manière inéluctable. Loin de vouloir empêcher sa rotation éternelle, le sage rotarien pousse à la roue, aide à la montée d’une nouvelle génération, nouveau soleil (neos heliosen grec, Noëlen français), pour préparer son action a priori bienfaisante.
Certes, le poète frappe encore.

L’action de préparation de la génération « parent » est à moitié importante en ce sens qu’elle relève de l’éducation mais qu’elle ne peut prétendre à ce que les valeurs en cours aient encore cours les décennies suivantes car la génération « enfant » devra, au mieux, les adapter à un monde changeant, au pire les abandonner car elles seront devenues obsolètes.
Toutes ? Non, car, comme un certain petit village gaulois, certaines résistent encore…

Tu te souviens du critère des quatre questions ? 

La génération actuelle a un devoir imprescriptible par rapport à celle qui advient, un devoir d’éducation. Pas d’instruction ou d’enseignement, d’éducation. Il y a une tradition que cette génération doit transmettre. La tradition est comme une nappe phréatique qui crée les sources qui créent les ruisseaux qui créent les rivières qui créent les fleuves qui alimentent la mer qui crée les nuages qui pleuvent et s’infiltrent dans la terre, alimentant ainsi la nappe phréatique avec des éléments nouveaux qui la transforment et transformant le monde dans son cycle perpétuel.

La tradition n’est donc pas immuable, elle vit. Elle change avec les temps et avec l’humanité qui évolue et la sert autant qu’elle est servie par elle. Cette transmission est l’élément indispensable pour l’émergence d’une intelligence nouvelle, d’une créativité renouvelée, d’un monde que cette génération n’a même pas la capacité à imaginer.

Et puis, il y a quelque chose d’important : c’est de transmettre cette idée que les Rotariens partagent parce que le Rotary est mondial : l’humanité est une et indivisible. Cela veut dire qu’il est nécessaire que les jeunes se fréquentent d’un pays ou d’un continent à l’autre, que les échanges d’études ou d’étudiants se multiplient afin qu’ils se connaissent dans leur diversité de culture. Les frontières se dessinent alors autrement. Par exemple, un monde se définit par la mer Méditerranée : nous sommes plus frères entre Méditerranéens des colonnes d’Hercule à l’Euphrate que de la Bretagne à la Sibérie…

Ce qui n’induit pas l’exclusion de ces derniers qui sont nos frères en humanité.
Les langues sont des barrières, c’est vrai, mais la culture est un pont. Les distances sont éloignement, l’esprit et le cœur une proximité. Il faut apprendre l’amour aux jeunes avant qu’ils ne nous l’enseignent, à notre grande honte.

François Valéry, chanteur qui eut son heure de gloire dans les années 1980, chantait « Aimons-nous vivants » : c’est le fond de l’action que nous devrions avoir vis-à-vis des jeunes.

Article de :
Pierre Franceschi
RC Ajaccio