Autour de l'eau : billet de Joël Giacchero

L'aune

J’ai déjà ici même écrit à plusieurs reprises sur la symbolique de l’eau toujours double : l’eau qui féconde et l’eau qui tue, l’eau douce et l’eau salée, l’eau qui réfléchit le beau visage de Narcisse mais qui l’engloutit aussi en son sein.

Routes commerciales mais axes d’invasion aussi, canaux d’irrigation mais vecteurs de la mouche tsé-tsé et de la typhoïde.

La dualité de l’eau va jusqu’aux arbres qui la bordent et qui peuvent être bons ou mauvais arbres en matière de symboles.

Le Saule (salix latin) est l’arbre des sources et des eaux bondissantes de la montagne. De son nom latin dérive peut être le terme de Salut. Depuis toujours son écorce utilisée en infusion servait à soigner les fièvres supposées venir des eaux glacées du pernicieux Februarius (mois de Février), mois des fièvres. Il fallut attendre le début du XXème siècle pour que le chimiste allemand Bayer en isole le principe actif l’acide acétyl salicilique et prenne le brevet de l’aspirine qui a tant manqué aux glorieux poilus français de la grande guerre.

A l’opposé l’aulne (ou vergne en vieux français) est l’arbre des eaux stagnantes et sombres dans lesquelles disparaissent attirés par Dieu sait quelle musique enfants et rats. Ne vous endormez jamais sous son ombre et ne portez jamais ses fruits à votre bouche, il en serait de même pour vous…